Diversification de l'économie de l'Ouest Canada
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Introduction

Objectifs de l'étude

La présente étude traite des liens commerciaux entre l'Ouest canadien et l'Amérique latine (Amérique centrale et Amérique du Sud) et les Caraïbes, soit la région de l'Amérique latine et des Caraïbes (ALC). Le Mexique ne fait pas partie de l'étude, car il entretient déjà une relation établie avec le Canada et est partie à l'Accord de libre échange nord américain (ALENA). Le rapport donne également un aperçu de la relation économique entre le Canada (plus particulièrement les provinces de l'Ouest) et l'ALC, présente sommairement les activités que mènent actuellement certains acteurs de l'Ouest canadien, traite des difficultés associées au fait d'exercer des activités dans l'ALC, met en évidence les marchés et les secteurs qui présentent le plus grand potentiel dans la région et, enfin, présente une liste de mesures que peut prendre DEO pour accroître la présence de l'Ouest canadien dans l'ALC.

L'étude est fondée sur des recherches et des consultations menées auprès d'un échantillon de représentants des pouvoirs publics fédéraux, provinciaux et municipaux ainsi que sur quelques contacts avec des groupements d'innovation, des associations, des universités et un petit nombre d'entreprises et de représentants étrangers. Ce rapport dresse un portrait des relations commerciales entre l'Ouest canadien et la région à l'étude, mais ne se veut aucunement exhaustif.

Le Canada et la région de l'ALC : des partenariats qui vont de soi

Durant une bonne partie de l'après-guerre, les relations entre le Canada et la région de l'ALC étaient fondées essentiellement sur des échanges agricoles. Dernièrement, ce sont plutôt les investissements, plus particulièrement dans le secteur de l'énergie et le secteur minier, qui ont servi d'élément moteur aux relations économiques entre le Canada et l'ALC. Les relations ont été d'autant plus intensifiées par d'importants changements en matière de politiques commerciales visant la négociation vigoureuse d'accords de libre échange (ALE) dans la région. Le premier ministre Stephen Harper a souligné que ni l'entourage ni les intérêts du Canada n'ont pour frontière le 49e parallèle. C'est d'ailleurs pourquoi le Canada cherche à rétablir des liens aux quatre coins des Amériques . 1

Au cours des dernières années, c'est l'industrie minière canadienne qui a intensifié les relations entre le Canada et l'ALC. On a enregistré des flux de capitaux impressionnants, lesquels ont favorisé le développement des économies des pays bénéficiaires et stimulé les flux commerciaux depuis le Canada vers la région. Les membres de l'Association canadienne des exportateurs d'équipements et services miniers ont déployé des efforts considérables pour suivre leurs clients canadiens dans leurs démarches à l'étranger.

À l'époque où l'industrie minière canadienne a commencé à investir dans la région de l'ALC, les pénuries de ressources étaient rares et le prix des ressources était peu élevé. Aujourd'hui, la hausse du prix des ressources attribuable au changement fondamental dans l'équation de l'offre et de la demande stimule les flux de capitaux. Toute stratégie que le gouvernement canadien adoptera en ce qui concerne l'Amérique latine devrait tenir compte des besoins de l'industrie minière et des débouchés offerts.

Accords de libre échange entre le Canada et les pays de l'ALC

La signature de nouveaux accords de libre échange (ALE) constitue un volet important des efforts que le Canada mène afin de renouveler son engagement dans les pays de l'ALC. S'appuyant sur le succès de l'ALENA et des ALE mutuellement avantageux entre le Canada et le Chili (1997) et le Canada et le Costa Rica (2002), le gouvernement a entrepris des négociations en vue de conclure des ALE avec la Colombie, le Pérou, la République dominicaine, la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et le Groupe des quatre de l'Amérique centrale (CA4), qui réunit le Salvador, le Guatemala, le Honduras et le Nicaragua. 2

Le 29 mai 2008, le Canada et le Pérou ont signé un ALE. Cet ALE sera profitable aux investisseurs, aux fournisseurs de services et aux exportateurs canadiens de plusieurs secteurs, dont les secteurs minier, manufacturier et agricole, le secteur des services financiers ainsi que le secteur des services environnementaux et d'ingénierie.

Le 7 juin 2008, le Canada a conclu les négociations en vue d'un ALE avec la Colombie comportant des avantages semblables, ainsi que les négociations en vue d'un accord sur l'environnement et d'un accord de coopération dans le domaine du travail.

Le Canada a ratifié d'autres accords officiels avec divers pays de l'ALC. Des accords sur la promotion et la protection des investissements étrangers (APIE) ont été conclus avec les pays suivants de la région de l'ALC (en ordre chronologique) : Argentine, Trinité et Tobago, Barbade, Équateur, Venezuela, Panama, El Salvador, Uruguay, Costa Rica et Pérou. Voici quelques autres accords importants : entente de coopération en matière de commerce et d'investissement (Communauté andine), ententes de coopération en matière de commerce et d'investissement (Marché commun du cône Sud - Mercosur), mémoire d'entente sur le commerce et l'investissement (Amérique centrale), partenariats en sciences et technologies et accords de service aérien. 3

Macroéconomie de l'Amérique latine

Jamais depuis les années 1970 la région de l'Amérique latine n'a enregistré de période d'activité économique aussi vigoureuse qu'entre 2004 et 2006. Depuis 2004, le produit intérieur brut (PIB) régional a crû en moyenne de 5,25 % par année en Amérique latine. En 2006, le tiers des pays de l'Amérique latine ont enregistré un taux de croissance de 7 % ou plus. On estime que la région de l'ALC a contribué pour 6,29 % au PIB mondial total en 2006. La maîtrise de l'inflation, la restructuration limitée des dettes, la baisse du taux de chômage et l'amélioration des conditions sociales pour contrer les inégalités et la pauvreté sont autant de facteurs importants qui ont éliminé la volatilité macroéconomique et, par le fait même, contribué à la croissance de l'économie des pays de l'Amérique latine. Le tableau suivant présente la répartition du PIB de l'Amérique latine en 2007.

Tableau 1 : PIB de l'Amérique latine 4
Pays PIB (en milliards $US) PIB par habitant(en $US)
Brésil 1 269,0 9 700
Argentine 245,6 13 000
Venezuela 226,9 12 800
Colombie 171,7 7 200
Chili 160,8 14 400
Pérou 101,5 7 600
Équateur 44,5 7 100
Guatemala 31,4 5 400
Costa Rica 22,8 13 500
Bolivie 12,8 4 400

Bien qu'elle ait enregistré une croissance économique notable au cours des cinq dernières années, la région de l'ALC accuse toujours du retard par rapport aux autres pays en développement. En 2006, par exemple, les autres pays en développement ont affiché une croissance de 8,5 % en moyenne, soit un taux supérieur d'environ trois points de pourcentage à celui des pays de l'ALC. La région est en voie de combler une partie de l'écart qui la sépare des pays industrialisés, mais elle n'arrive toujours pas à suivre le rythme de certaines autres régions plus dynamiques du monde, y compris de nombreux pays qui n'ont pas profité directement de l'essor du secteur des produits de base comme elle l'a fait.

L'investissement dans la région de l'ALC représente encore seulement 20 % en moyenne du PIB, ce qui n'est pas supérieur au sommet enregistré au cours des périodes d'essor antérieures. La région de l'ALC connaît une période de croissance économique remarquable et, avec l'accroissement du nombre d'accords commerciaux et de mesures d'incitation à l'investissement, elle présentera de nouvelles occasions d'investissement et de prospérité commerciale.


[1] http://pm.gc.ca/fra/media.asp?id_1522

[2] Il est à noter que les ALE en soi ne représentent pas nécessairement les meilleures perspectives de marché. Dans le cadre des consultations, on a laissé entendre que les chances de conclure un ALE avec le Brésil sont faibles, et ce, pour diverses raisons, entre autres les difficultés associées au Mercosur et les engagements pris par les signataires, le protectionnisme ainsi que la réticence du Brésil en ce qui concerne l'adoption de normes occidentales en matière de travail et d'environnement.

[3] http://www.international.gc.ca/trade-agreements-accords-commerciaux/agr-acc/index.aspx?lang=fra&redirect=true

[4] Données tirées du World Factbook de la CIA (2007) et compilées par le personnel de DEO.