Pour mieux comprendre le rôle de DEO dans la promotion de l'innovation, nous avons réalisé une étude sur l'environnement de l'innovation dans l'Ouest canadien. La performance de l'innovation dans une région est fonction des éléments suivants :
Une analyse des caractéristiques du système d'innovation dans l'Ouest canadien, relativement à chacun des éléments précédents, est présentée à l'appendice IV. Les principales conclusions de cette analyse sont mises en évidence dans l'encadré ci-après.
Ces conclusions sont abordées de façon plus approfondie dans les paragraphes qui suivent.
L'ENVIRONNEMENT DE L'INNOVATION DANS L'OUEST CANADIEN
1. Les bases d'un système d'innovation ont été établies
Sont exposées dans le tableau suivant les principales composantes d'un système d'aide à l'innovation régionale : instituts et organismes de recherche, sources de financement de la R-D, organisations et autres acteurs facilitant les transferts de technologies, établissements d'enseignement et de formation, sources de capitaux de financement et autres sources d'aide à la commercialisation. Pour chacune de ces composantes sont présentés des acteurs importants de l'Ouest canadien.
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Composante |
Exemples d'acteurs importants |
|---|---|
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Instituts et organismes de recherche |
475 instituts de recherche sont établis dans l'Ouest canadien, parmi lesquels 162 ont leur siège en Colombie-Britannique, 106 en Alberta, 156 au Manitoba et 103 en Saskatchewan. |
| Sources de financement de la R-D5 |
Figurent parmi les programmes importants de financement (le pourcentage respectif du financement national qui, en moyenne, est alloué à l'Ouest canadien est indiqué entre parenthèses) les suivants :
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| Organisations et autres acteurs facilitant les transferts de technologies | Il y a six bureaux universitaires de liaison avec l'industrie, trois entreprises indépendantes appartenant à des universités et quatre vice-présidents de bureaux de recherche qui assument des fonctions liées aux transferts technologiques. |
| Enseignement et formation | Il y a quatorze universités, trois collèges universitaires et sept instituts de technologie dans l'Ouest canadien qui ont des programmes de R-D en cours de réalisation. Les universités disposent de budgets annuels de recherche subventionnée atteignant pas moins de 260 millions de dollar pour les grandes universités et ne descendant pas plus bas que 500 000 $ pour les petites universités. Les universités de l'Ouest canadien dirigent ou administrent six Centres nationaux d'excellence. |
| Sources de capitaux de financement | Figurent parmi les sources de capitaux de financement les 90 Sociétés d'aide au développement des collectivités, la Banque de développement du Canada, les programmes de fonds d'investissement du ministère de la Diversification de l'économie de l'Ouest, les banques à charte et les caisses d'épargne et de crédit, les sociétés de capital de risque, les organismes de placements collectifs et les investisseurs providentiels. |
| Autres sources d'aide à la commercialisation | Au nombre des organisations qui offrent de l'information, des conseils et d'autres formes d'aide à la commercialisation de nouveaux produits, il y a 71 associations sectorielles ou commerciales de sciences et technologie, les Centres de services aux entreprises du Canada, les 90 SADC et les incubateurs d'entreprises implantés dans les provinces de l'Ouest. |
2. L'environnement macroéconomique nécessaire à l'innovation s'est amélioré ces dernières années
Par exemple :
Cela dit, la faiblesse du dollar canadien a nuit à l'innovation. Elle réduit la motivation à l'innovation et fait augmenter le coût d'acquisition de la technologie étrangère. S'ajoute à cela le fait que, en dépit de l'Accord de libre-échange nord-américain, les obstacles au commerce continuent d'entraver la croissance économique.
3. Le niveau relatif de l'investissement dans la R-D dans l'Ouest canadien demeure peu élevé
L'expression statistique « dépenses intérieures brutes de R-D » (DIRD) est utilisée par les pays membres de l'OCDE pour indiquer les dépenses intra-muros totales de R-D dans un territoire donné au cours d'une période donnée. Elle englobe toutes les activités de R-D entreprises sur le territoire (p. ex., la Colombie-Britannique ou le Canada), qu'elles soient financées localement ou de l'extérieur de la région. D'après les données de Statistique Canada, les DIRD représentent 1 % du PIB de l'Ouest canadien, un pourcentage considérablement plus bas que la moyenne nationale de 1,7 % comme le révèle le tableau 2.3.
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Région |
DIRD (en millions) |
DIRD en pourcentage du PIB |
|---|---|---|
| Colombie-Britannique | 1 386 | 1,1 % |
| Alberta | 1 188 | 0,8 % |
| Saskatchewan | 321 | 1,0 % |
| Manitoba | 360 | 1,1 % |
| Ouest canadien | 3 255 | 1,0 % |
| Canada | 18 324 | 1,7 % |
Ces taux inférieurs d'investissement dans la R-D témoignent du moins grand nombre de travailleurs en R-D et de demandes de brevets déposées dans l'Ouest canadien. Un des principaux freins à l'accroissement de l'investissement dans la R-D est le nombre limité d'instituts de recherche de pointe dans l'Ouest canadien capables d'attirer des investissements importants de l'État et du secteur privé.
4. Il y a des pénuries de main-d'oeuvre dans certains domaines
Même si l'ensemble de la population de l'Ouest canadien est généralement instruite, il y a encore des pénuries de main-d'oeuvre dans certains domaines. Par exemple, l'Ouest canadien accuse toujours du retard sur d'autres régions en ce qui a trait au nombre de diplômés en sciences et en génie. L'émigration externe de la main-d'oeuvre instruite constitue également un problème de fond, en particulier pour la Saskatchewan et le Manitoba.
5. L'accès à des capitaux patients en début de croissance est plus limité
Il faut parfois sept ans ou plus pour commercialiser un nouveau produit. C'est pourquoi l'accès à des investisseurs avisés et patients pour financer et favoriser la commercialisation de nouvelles technologies peut à lui seul constituer le facteur le plus important du succès d'une entreprise.
Les statistiques révèlent qu'il est plus difficile d'obtenir du capital de risque dans l'Ouest canadien que dans toute autre région du pays. Même si les quatre provinces représentent 30 % de la population et 32 % du PIB du Canada, l'Ouest canadien :
L'Ontario et le Québec, qui représentent 62 % de la population et 55 % de la production économique, gèrent 87 % du capital-risque au Canada. De surcroît, l'accès à des capitaux providentiels dans l'Ouest canadien est limité par la structure relativement informelle du réseau d'investisseurs providentiels. Il a aussi été établi que l'accès au financement pour les activités de démonstration et de commercialisation de technologies entrave l'innovation.
6. Des liens plus solides doivent se tisser entre les diverses composantes du système d'aide à l'innovation
Des progrès ont été accomplis, mais les acteurs concernés constatent tout de même que le système d'innovation dans l'Ouest canadien se caractérise toujours par des liens relativement faibles et une collaboration limitée entre les participants.
7. Les grappes régionales évoluent, mais se trouvent encore à un stade très peu avancé
Les grappes industrielles fondées sur la technologie et le savoir sont petites par rapport aux normes nationales et mondiales – on peut considérer que toutes les grappes de l'Ouest canadien sont en développement ou en voie de formation. Il y a relativement peu d'entreprises ou d'établissements de recherche pivots de calibre mondial autour desquelles d'autres entreprises de technologie peuvent se regrouper. De façon générale, dans l'Ouest canadien, les entreprises sont plus petites que celles établies dans d'autres régions, la dépendance sur les industries primaires traditionnelles est plus grande et le secteur manufacturier est moins développé et novateur que dans le centre du Canada.
5 Les pourcentages de financement sont tirés du tableau IV.13 à l'appendice IV.